Le dépistage en questions
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Balance bénéfices / risques du dépistage du cancer du sein

Pour se faire une opinion sur le dépistage du cancer du sein, et l'intérêt d'y participer ou non, il est intéressant de mettre en balance d'un côté les bénéfices espérés du dépistage et de l'autre côté les risques auxquels exposent le dépistage.

Comme le niveau des bénéfices et le niveau des risques sont mal connus, nous allons envisager 3 balances bénéfices/risques :
- une balance conforme aux hypothèses officielles (telles qu'on peut les trouver sur le site de l'INCa)
- une balance basée sur des hypothèses favorables au dépistage
- une balance basée sur des hypothèses défavorables au dépistage

Les 3 balances bénéfices/risques comparent ce qui se passe pour 2 groupes de 1.000 femmes, l'un participant au dépistage jusqu'à 74 ans, l'autre ne participant pas au dépistage. Ce qui varie d'une balance à l'autre, ce sont les hypothèses retenues sur la réduction de mortalité grace au dépistage et sur la fréquence des surdiagnostics. (Pour plus d'informations sur la manière dont les chiffres sont calculés, cliquer ici)

Par défaut, les calculs sont réalisés pour des femmes âgées de 50 ans (commençant le dépistage à l'âge de 50 ans et le poursuivant jusqu'à 74 ans, au rythme de 1 dépistage tous les 2 ans).
Si vous souhaitez afficher des tableaux pour des femmes commençant le dépistage à un âge supérieur à 50 ans, saisissez l'âge souhaitée dans le champ « Age », puis cliquez sur « Calculer ».

Nombre de femmes dans chaque groupe : 1.000
Age au début du dépistage : 50 ans
Nombre de mammographies de dépistage : 13, sur 25 ans (de 50 à 74 ans)


1ère balance bénéfices/risques, conforme aux hypothèses officielles

Hypothèses retenues pour cette balance bénéfices/risques : le dépistage diminue de 15% la mortalité et génère des surdiagnostics à hauteur de 20% de l'ensemble des tumeurs malignes détectées
(l'INCa affirme une réduction de mortalité de 15 à 20% et reconnait 10 à 20% de surdiagnostics)

Participation au dépistage tous les 2 ans Pas de participation Bilan du dépistage
91 à 92 cancers diagnostiqués 73 à 74 cancers diagnostiqués 18 à 19 vies perturbées par un surdiagnostic
16 à 17 décès par cancers du sein 18 à 19 décès par cancers du sein 2 à 3 décès par cancer du sein évités
≈ même espérance de vie
1040 fausses alertes 0 fausse alerte 1040 stress inutiles

Au final : pour 1 décès évité, 6 à 7 vies perturbées par un surdiagnostic et les surtraitements associés + 367 stress par fausse alerte


2ème balance bénéfices/risques, avec des hypothèses favorables au dépistage

Hypothèses retenues pour cette balance bénéfices/risques : le dépistage diminue de 25% la mortalité et génère des surdiagnostics à hauteur de 10% de l'ensemble des tumeurs malignes détectées

Participation au dépistage tous les 2 ans Pas de participation Bilan du dépistage
88 à 89 cancers diagnostiqués 79 à 80 cancers diagnostiqués 8 à 9 vies perturbées par un surdiagnostic
15 à 16 décès par cancers du sein 20 à 21 décès par cancers du sein 5 à 6 décès par cancer du sein évités
≈ même espérance de vie
1040 fausses alertes 0 fausse alerte 1040 stress inutiles

Au final : pour 1 décès évité, 1 à 2 vies perturbées par un surdiagnostic et les surtraitements associés + 204 stress par fausse alerte


3ème balance bénéfices/risques, avec des hypothèses défavorables au dépistage

Hypothèses retenues pour cette balance bénéfices/risques : le dépistage diminue de 10% la mortalité et génère des surdiagnostics à hauteur de 40% de l'ensemble des tumeurs malignes détectées

Participation au dépistage tous les 2 ans Pas de participation Bilan du dépistage
99 à 100 cancers diagnostiqués 59 à 60 cancers diagnostiqués 39 à 40 vies perturbées par un surdiagnostic
16 à 17 décès par cancers du sein 18 à 19 décès par cancers du sein 1 à 2 décès par cancer du sein évités
≈ même espérance de vie
1040 fausses alertes 0 fausse alerte 1040 stress inutiles

Au final : pour 1 décès évité, 21 à 22 vies perturbées par un surdiagnostic et les surtraitements associés + 570 stress par fausse alerte


Synthèse

    Selon les hypothèses retenues pour la réduction de mortalité et la fréquence des surdiagnostics

  • Le prix à payer pour 1 décès évité va de 2 à 22 vies perturbées inutilement par un surdiagnostic

  • Pour 1.000 femmes participant au dépistage de 50 à 74 ans, de 9 à 40 vies perturbées par un surdiagnostic, sans aucune garantie d'allongement de l'espérance de vie

  • Pour une femme participant au dépistage de 50 à 74 ans (13 mammographies de dépistage)

            –  la probabilité d'éviter de décéder par cancer du sein grâce au dépistage va de 2 à 5 chances sur 1.000

            –  la probabilité d'être concernée par un surdiagnostic va de 9 à 40 chances sur 1.000

            –  la probabilité d'être concernée au moins une fois par une fausse alerte est de 66 chances sur 100


Dernière mise à jour le 12/09/2021